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Abandon animal : quand vacances riment avec déshérence

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En France, au moins 200 000 animaux arrivent dans les refuges, les associations et les fourrières chaque année. À peu près 50% retrouvent leur propriétaire, en France c’est une obligation d’identifier son animal, le chat aussi. Photo DR
Sur le départ des vacances d’été, les Français ont tendance à abandonner leurs animaux de compagnie. Dans la rue ou dans les refuges, la saturation est atteinte. Le manque de responsabilité est visé.

La saison estivale a déjà bien démarré et avec elle le ballet des départs en vacances. Mais il y a un autre phénomène qui s’est invité à la joie des vacances. Un scénario qui se reproduit chaque année à la même date : l’abandon de nos amis les animaux de compagnie.

Tous les étés c’est la même histoire. Chaton ne peut pas prendre l’avion avec nous, toutou n’est pas invité au rassemblement de famille chez grand-mère, les contraintes que ces boules de poils nous imposent on n’en veut plus… Bref, quelle que soit la raison le résultat est le même : on abandonne l’animal.

Chaque année, on estime à 100 000 le nombre de chats et de chiens qui se retrouvent seuls, sans maître. Dans le meilleur des cas, il est abandonné auprès d’un refuge ou d’une association ce qui lui laisse une chance de trouver une seconde famille. Mais malheureusement le pire des scénarios arrive très fréquemment : l’animal est délaissé dans la nature, livré à lui-même.

Des refuges pleins à craquer

« On l’achète, on l’utilise et on le jette un peu comme un Kleenex. » C’est ainsi qu’on résume, à 30 Millions d’amis, l’histoire de beaucoup de chiens et de chats domestiques en France. Le manque de prise de conscience de l’engagement que demande un animal de compagnie est pointé du doigt. C’est là, l’une des premières lignes du scénario. Lorsque les propriétaires ne veulent plus de leur animal, ils s’en débarrassent.

Commence alors le combat des associations qui luttent contre l’abandon animal. Si la plupart des propriétaires ont l’effort de laisser leur chien ou leur chat dans un refuge ou auprès d’une association, ce n’est pas le cas de tout le monde, et ça, Véronique, présidente de l’association Les Pattounes du Cœur à Montpellier, l’a bien noté. « Quand je dis que c’est de pire en pire, malheureusement la mentalité évolue comme ça. C’est-à-dire que les gens maintenant n’ont plus cette notion d’engagement sur du long terme. Les gens au moindre problème ne cherchent plus à le résoudre et se débarrassent », déplore Véronique. Elle sait que certains propriétaires n’ont d’autres choix que d’abandonner leur animaux, un décès ou un départ à l’hôpital par exemple, elle dénonce néanmoins un « tout et n’importe quoi » en cette période estivale. De la forêt à la rue, en passant par les cartons déposés aux portes des associations, les chats et les chiens sont délaissés dans des lieux où leur chance de survie et de bonne santé sont moindres. « La vie d’un chat errant est très difficile, l’espérance de vie est de moins de deux ans et ils sont parasités, exposés à toutes les maladies et à tous les accidents. Un chat errant c’est un chat qui est heureux : ce n’est pas vrai. Le chat il est heureux quand il est bien nourri, bien soigné », 30 Millions d’amis corrige la pensée de nombre de Français. Livrés à eux-mêmes, les animaux errants, dits « libres », sont exposés à tous les dangers. Malnutrition, accidents et surtout maladie. Les chats sont les plus vulnérables, de telles conditions sanitaires finissent par les rendre malades. Coryza, coryza … Ils sont parfois dans un état critique lorsque les associations les récupère dans la rue.

Une seconde chance

Un animal en mauvaise santé ou devenu trop agressif, endurcit par la dure vie d’errance, c’est un animal qui n’est plus présentable à l’adoption. Donc un animal condamné. C’est pourquoi les associations et les refuges se battent pour éviter cette fin tragique en incitant les futurs ex-propriétaires à laisser un espoir d’une autre vie dans une autre famille à leur animal. Leur donner une seconde chance, c’est la meilleure chose et « le dernier service à rendre à son animal », préconise le magazine animalier..

L’idée est donc d’appeler un refuge ou une association. Mais le simple coup de téléphone peu très vite tourner au cauchemar pour les propriétaires : les chances de trouver une place, surtout du premier coup, pour leur animal sont minimes, voire inexistantes en cette saison om l’abandon des chats et des chiens bat des records. D’où le geste désespéré de laisser son animal en pleine nature. Certains en viennent à solliciter l’euthanasie auprès de leur vétérinaire.

. Ce sont les chats qui paient le plus lourd tribut en France à l’abandon puisque 75 000 d’entre eux seront euthanasiés dans l’année. Photo Pixabay

La non-stérilisation, la responsable

Des refuges saturés, la raison n’est autre que le fort taux d’abandon. Mais ce n’est pas tout. Derrière se cache un autre problème. Lorsque les Pattounes du Cœur récupère des portées entières dans des cartons laissés sur les trottoirs, ce n’est pas une question d’abandon de son animal, mais de non-stérilisation. « C’est vrai que si les particuliers stérilisaient leur minette, on n’aurait pas toutes ces portées qu’on récupère », souligne Véronique. Une chatte peut avoir jusqu’à trois portées par an, rarement à chaton unique.

La non-stérilisation fait ses preuves dans d’autres villes du monde, l’abandon animal est un problème à l’échelle mondiale. Jérusalem est reconnue comme la ville ayant la plus forte population de chats errants au monde : 250 000 vivraient juste dans la ville sainte.

En France, les associations et les refuges s’adonnent à recueillir les animaux errants, lorsque c’est possible, et qui essaient, autant qu’elles le peuvent, de stériliser les chats errants pour justement éviter cette multiplication incessante des chats. Mais dans d’autres, pays, où la situation est encore plus critique, les autorités en viennent à des solutions radicales pour tenter de mettre fin à la prolifération des animaux et notamment des chats.

Asaf Bril, chargé des services vétérinaires de Jérusalem, a lancé un cri d’alerte en début d’année sur la nécessité de stopper la reproduction de ces félins errants. Il a fait les calculs, il faudrait parvenir à stériliser 500 chats par jour, soit 80% des animaux libre de la ville, le tout en un temps record. Un défi de taille qui reste actuellement impossible faute de main d’œuvre. Une telle campagne de stérilisation dans un laps de temps assez court nécessiterait le concours de vingt-cinq cliniques.

En Australie les autorités usent d’imagination, pour tenter de stopper le pullulement des chatons, estimés à 20 millions. « Le pays a décidé d’en tuer deux millions et aujourd’hui tous les moyens sont bons : robots tueurs, chiens tueurs, ils balancent des saucisses empoisonnées par hélicoptère, ils sont en train d’ériger un énorme mur pour que les chats n’aillent pas tuer des oiseaux qui nichent au sol (kiwi, opossum) », explique-t-on à 30 Millions d’amis.

Les alternatives

Mais alors dans tout ça, faut-il encore adopter ? Bien sûr ! À conditions de prendre ses responsabilités. Minou ou toutou, une fois à la maison, font partie de la famille, comme nos chers bambins.

Et s’il est évident que la vie nous réserve des surprises, plus ou moins joyeuses, qui peuvent un jour nous contraindre à faire marche-arrière, le tout est d’agir le mieux possible. En abandonnant dans des structures, et pour ce qui est de l’adoption, il existe une façon très responsable de la faire, décrit-on à 30 Millions d’amis. En choisissant d’aller dans un refuge, c’est d’abord lui donner une seconde chance, mais c’est également une façon d’entrer dans un processus de responsabilisation. Contrairement à l’animalerie, le futur propriétaire ne choisi pas l’animal et de faire un acte coup de cœur, pas forcément réfléchi, même si cela ne veut pas dire qu’il n’est pas sincère. On vous posera des questions sur votre mode de vie, etc., afin de vous confier l’animal qui vous conviendra le mieux. Une prise en charge, pour vous permettre de vivre au mieux, la future cohabitation.

Et si vous n’êtes pas certains de pouvoir garder votre animal, devenir famille d’accueil est une solution. Les Pattounes du Cœur incitent donc les étudiants, dont la situation n’est pas stable, à s’engager comme famille d’accueil. « Certains me disent non parce que je vais m’attacher. Oui c’est sûr c’est le risque, mais parfois il faut être moins égoïste pour aider le chat. Le chat on le laisse partir pour un mieux et ça permet d’en récupérer un autre, d’en sauver un deuxième. »

 

Rappelons que l’abandon d’animal est un délit, qui fait courir une peine de 30 000€ d’amende et de deux ans de prison.

Justine Lamard

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