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Confinement : Trop chronophage, trop cher… Pourquoi si peu de commerçants font-ils de la vente en ligne ?

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Des gens font la queue avant d'entrer dans une boulangerie à Rennes, le 16 mars 2020, alors que des mesures de protection sont prises en France contre la propagation du COVID-19. Crédit : Damien MEYER / AFP

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COMMERÇANTS. Le reconfinement a provoqué la fermeture de nombreux commerces. Pour ne pas sombrer, la plupart des commerçants se tournent vers le numérique pour maintenir une activité économique. Mais les freins sont nombreux.

  • Avec le reconfinement, les commerces non essentiels sont à nouveau fermés.
  • Mieux préparés qu’en mars, ils sont nombreux à accélérer leur digitalisation.
  • Le gouvernement a annoncé début novembre 100 millions d’euros pour aider les PME à se convertir au numérique.

« C’était une démarche déjà en cours dans ma tête, mais ça n’a fait que l’accentuer : c’est un vrai plus. » Laurent Chameau tient une boutique de plongée à Nemours (77), il avait déjà un site Internet pour présenter ses produits. Avec le reconfinement, il a décidé de mettre ses produits sur une place de marché en ligne, un marketplace. « Initialement c’est un site marchand de bons cadeaux, explique l’adhérent à l’association commerçante locale « Les Vitrines de Nemours », on a décidé de le transformer en marketplace de manière à ce que tous les commerçants nemouriens aient la possibilité d’avoir un espace de vente via Internet. » Une plateforme mise en place avec le soutien de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Seine-et-Marne. « L’idée est de permettre aux clients d’acheter en proximité, et de remettre du local dans le digital, » abonde Antoine Carducci, chargé de mission à la CCI.

Les commerçants ont dû mal à percevoir l’intérêt du digital aujourd’hui

Pour autant, à Nemours comme ailleurs en France, les commerçants ont dû mal à passer le cap. « Le frein principal tient à leur appréhension de l’outil. Et bien souvent, ils ont du mal à percevoir l’intérêt du digital aujourd’hui pour leurs boutiques, » détaille le référent digital aux commerçants.

Une mise à niveau nécessaire ?

Selon les chiffres du gouvernement, seuls 37 % des TPE/PME françaises ont leur propre site Internet. Les raisons sont multiples, Laurent Chameau avance que « c’est très chronophage : il faut rentrer tous les produits, les descriptifs, trouver des images correctes pour que la présentation donne envie… Pourtant c’est indispensable avec le confinement, il faut absolument que les commerçants aient une visibilité via Internet. »

Une nécessité face aux grandes plateformes, comme le rappelle Bénédicte Boudet-Corric, déléguée générale de Confédération des Commerçants De France (CDF) : « on veut éviter que les clients, mais aussi les commerçants se tournent vers les marketplaces comme Amazon, pour nous ce n’est pas la solution. On vise sur des plateformes locales, comme celle de Nemours. » Une crainte fondée, le plateforme Cdiscount vient notamment d’annoncer qu’elle ouvrait sa marketplace aux commerçants.

Autre avantage des plateformes locales, leur coût : « j’avais pensé à faire un site marchand uniquement pour ma boutique, explique le gérant de « Crazy Diving », là en mutualisant les moyens, chaque commerçant paye une cinquantaine d’euros par an et ensuite un pourcentage sur les ventes. »

Un développement précipité par les confinements

Le numérique reste marginal chez les commerçants de France. Le cabinet de conseil SAD Marketing note que le e-commerce a progressé de 7 % en France de janvier à juillet 2020, contre 35 % en Espagne ou 31 % au Royaume-Uni. « Il y a eu une première vague de digitalisation après le premier confinement, mais effectivement le numérique chez les indépendants reste assez limité. La plupart des commerçants trouvent ça compliqué, cher, il y a de nombreux freins psychologiques, » complète Bénédicte Boudet-Corric.

Pour accompagner les commerçants dans l’accélération de la digitalisation, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a annoncé hier 100 millions d’euros dédiés.


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