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Coronavirus : « On n’y arrive plus ! » Les hôpitaux publics de Marseille déprogramment les opérations non urgentes

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Un patient infecté par le COVID-19 est ramené en soins intensifs depuis une Unité Post Réanimation Respiratoire. Photo de PATRICK HERTZOG / AFP

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C’est l’une des conséquences de la deuxième vague de Covid-19 à Marseille. L’AP-HM déprogramme les opérations les moins urgentes pour éviter la saturation des services de réanimation.

  • Avec 61 patients en réanimation sur les 63 lits disponibles, les services de réanimation sont bientôt saturés.
  • Les opérations non urgentes vont être déprogrammées dès cette semaine.
  • L’AP-HM appelle les Marseillais à respecter les gestes barrières.

« On n’y arrive plus, nos médecins et nos paramédicaux sont épuisés, clame une porte-parole de l’Assistance publique des Hôpitaux de Marseille (AP-HM). Ils doivent enchaîner des heures pour y arriver et maintenant ils font face à une vague qui monte. » À Marseille, les chiffres de contamination au Covid-19 ont atteint un pic : 212 patients sont hospitalisés dont 61 en réanimation.

L’AP-HM dispose aujourd’hui de 63 lits de réanimation. Au plus fort de la première vague, 90 lits avaient été ouverts.

Pour faire face à la deuxième vague et accueillir un nombre toujours croissant de patient Covid, l’AP-HM n’a pas eu d’autre choix que de déprogrammer les opérations les moins urgentes pour libérer des lits. La pose d’un anneau gastrique ou d’une prothèse de hanche sera reportée. Mais qui dit lits supplémentaires, dit personnel hospitalier à trouver. « En fermant des salles de blocs opératoires réservées à des opérations non urgentes, on récupère cinq à six soignants prévus pour ces opérations, explique-t-on à l’AP-HM. Ils sont parfaitement formés à la réanimation et peuvent être disponibles pour le service Covid. »

Entre adaptabilité et inquiétude, les chirurgiens de chaque site (Hôpitaux Sud, Hôpital Nord, Hôpital de la Timone, Hôpital de la Conception) décideront chaque jour des opérations à déprogrammer dans la semaine. Cette semaine, neuf salles de bloc opératoire ont été fermées. Le nombre exact d’opérations déprogrammées est pour le moment inconnu.

« Pour ouvrir des lits supplémentaires, il faut plus de personnel »

Depuis le mois de mars, rien n’a changé. L’AP-HM reconnaît avoir des difficultés à pourvoir des postes, y compris en réanimation. Si l’effort de recrutement des derniers mois a permis de recruter 618 soignants depuis le 1eraoût, le personnel hospitalier reste insuffisant face au nombre de nouveaux cas de Covid-19 chaque jour. « On n’arrive plus à recruter, personne ne postule, affirme une porte-parole de l’hôpital. Et pour ouvrir des lits supplémentaires, il faut plus de personnel. »

Sans oublier qu’il faut aussi des chambres individuelles pour éviter tout risque de contamination. A l’échelle du département des Bouches-du-Rhône, sur les 382 lits de réanimation, 347 sont occupés, 35 sont disponibles, selon le dernier point de situation de l’Agence Régionale de Santé (ARS) en date du 23 octobre.

L’AP-HM appelle les Marseillais à respecter les gestes barrières. « On constate que le personnes hospitalisées chez nous ne faisaient pas vraiment attention… Elles ne portaient pas le masque, ne respectaient pas la distanciation sociale », poursuit notre source à l’AP-HM.

La région Provence-Alpes-Côte d’Azur suit le parcours de sa voisine, la région Auvergne-Rhône-Alpes, la première à avoir enclenché de nouveau une déprogrammation massive de ces opérations la semaine dernière. En Île-de-France, le directeur général de l’ARS, Aurélien Rousseau a appelé tous les directeurs d’établissements de Santé de sa région à déprogrammer « sans délais » les opérations non vitales. Vendredi, 715 personnes étaient en réanimation dans la région parisienne.

Laura Laplaud

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