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Equateur: les blocages se poursuivent malgré l’état d’urgence

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Depuis jeudi, le pays est paralysé par des manifestations. Chauffeurs de bus, de taxis, mais aussi paysans, étudiants et opposants politiques protestent contre la hausse massive du prix des carburants annoncée par le gouvernement.

La manifestation ne faiblit pas, alors que le pays entre dans sa sixième journée de blocages. Hier, la ministre de l’Intérieur, Maria Paula Romo annonçait la mort d’un individu dans la province d’Azuay, au sud du pays. Selon la présidence, l’homme âgé de 35 ans a été « renversé par un véhicule qui fuyait après avoir été attaqué par des personnes bloquant la voie publique ».

L’événement vient alourdir un bilan déjà important: 477 personnes ont été arrêtées et 14 civils blessés sur l’ensemble de la mobilisation. Tandis que du côté des forces de l’ordre, 59 personnes ont été blessées depuis vendredi (toujours selon le gouvernement équatorien).

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« Nous regrettons les faits de violence qui se sont produits et ont causé leur première victime. Nous faisons appel à la conscience citoyenne afin que les véhicules d’urgence puissent intervenir à tout moment », a réagi l’armée équatorienne sur son compte twitter.

Etat d’urgence et crispations

Déclenché par l’annonce de la hausse des prix des carburants jeudi, ce mouvement sans précédent depuis 2007 a gagné plusieurs sphères de la société: circonscrit d’abord aux agents du transport, il mobilise désormais paysans, étudiants et opposants politiques.

Jeudi, l’annonce d’une hausse des prix des carburants de près de 100% a mis le feu aux poudres. Le litre de diesel est passé de 0,27$ à 0,60$ et le litre d’essence ordinaire de 0,48$ à 0,63$. Le secteur des transports s’est mis en grève générale: jusqu’à vendredi, aucun taxi ni autobus n’a circulé dans la capitale, Quito. Cette hausse est la conséquence d’un accord conclu en mars avec le Fonds monétaire international (FMI). Il prévoit le démantèlement des subventions gouvernementales sur les carburants – ainsi que d’autres réformes économiques – en échange d’un soutien financier au pays de 4,2 milliards de dollars.

Le gouvernement a décrété l’état d’exception, jeudi. La mesure, qui peut rester en vigueur 60 jours, permet au gouvernement d’établir des zones de sécurité, de suspendre ou de limiter certains droits comme celui de libre circulation, d’imposer la censure aux médias, et surtout de mobiliser l’armée et la police pour assurer l’ordre public.

Loin d’estomper les tensions, l’état d’exception a suscité des crispations du côté des organisations indigènes. La Conaie (Confédération des nationalités indigènes de l’Équateur), principale organisation indigène du pays, a répliqué en déclarant « un état d’exception dans tous les territoires indigènes ». Dans un communiqué, elle menace de capture les militaires et policiers qui s’approcheraient de ces territoires. « Des membres des forces de l’ordre sont déjà retenus par des communautés indigènes dans trois provinces », a ajouté le porte-parole de la Conaie, Apawki Castro, à l’AFP. Pour l’heure, l’information n’a pas été confirmée par les autorités.

Inès Guillemot

Auteur·trice

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