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La débâcle de l’équipe de France d’athlétisme aux Mondiaux de Doha

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Avec seulement 2 médailles remportées pour aucun titre, les bleus affichent un triste bilan au terme des 10 jours de compétition qui se sont achevés dimanche 6 octobre.

Kevin Mayer n’a pas pu défendre son titre jusqu’au bout, contraint à l’abandon pendant la 8ème épreuve du décathlon. ©YannCaradec

Le naufrage du relais 4×100 masculin, jadis atout majeur de l’équipe de France, éliminé en finale dès le premier passage de témoin mal assuré par Amaury Golitin et Jimmy Vicaut samedi 5 octobre symbolise à lui seul la très mauvaise dynamique de l’équipe de France lors de ces championnats du monde d’Athlétisme au Qatar. Pascal Martinot-Lagarde, médaillé de bronze sur 110m haies, et Quentin Bigot, vice-champion du monde de lancer de marteau, ont rapporté les deux seules médailles tricolores de cette 17ème édition. La France se retrouve ainsi 24ème au classement des nations, un bilan famélique comparé aux 6 médailles glanées lors des JO de Rio 2016, ou aux 5 des précédents Mondiaux à Londres en 2017. Des résultats inquiétants à moins de 10 mois des JO de Tokyo.

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Au-delà des podiums, les performances globales ne sont pas plus rassurantes. Les Français n’ont pris part qu’à 7 finales, soit deux fois moins que lors des précédents Mondiaux. Outre Kevin Mayer, recordman du monde et grandissime favori du décathlon, contraint à l’abandon pour blessure, les piliers habituels de l’équipe de France sont passés complètement à côté de leur compétition (Pierre-Ambroise Bosse, Jimmy Vicaut, Renault Lavillenie, Yohann Diniz ou encore Mélina Robert-Michon). Ces contre-performances pourraient être exceptionnelles et malvenues, mais force est de constater que ces dits « cadres » ont connu des difficultés tout au long de la saison. Certains d’entre eux pourraient raccrocher les pointes bientôt, et ils devront, pour le bien de l’athlétisme français, transmettre leur leadership aux générations suivantes.

Relève tardive et complications extra-sportives

Mais à qui ? C’est bien là la question, car à moins d’un an de Tokyo 2020, et surtout à 5 ans de Paris 2024, la relève de l’athlétisme français peine à émerger, et c’est bien ce qui inquiète. Le président de la Fédération Française d’Athlétisme, André Giraud a reconnu le manque de préparation de l’équipe de France : « On n’a pas su s’adapter aux particularités de ces championnats (…). On ne les a pas préparés comme on aurait dû ». Si cela explique en partie le faible total de médailles, cela justifie difficilement les mauvais résultats des « espoirs » de l’athlétisme français. À l’image de Solène Ndama éliminée dès la première haie de sa série du 100m haies, ou de Alioune Sène, qui échoue aux qualifications du saut à la perche à 27 cm de son record, pourtant établi cette année. André Giraud le sait, « il y a une génération pour Paris 2024 qui arrive. Mais elle est un peu tendre.»

Plus dérangeant à long terme encore, les déboires de l’athlétisme français à l’occasion de ces championnats du monde de Doha n’ont pas eu lieu qu’à l’intérieur du stade. Plusieurs événements sont venus parasiter la compétition des bleus. Le coup de gueule du marcheur Yohan Diniz contre l’organisation des championnats du monde sous la chaleur qatarienne, la séance d’hypnose organisée dans l’hôtel des bleus à l’initiative de Pierre-Ambroise Bosse sans l’aval de l’encadrement, le départ précipité du directeur médical Jean-Michel Serra pour « raisons personnelles » ou encore les révélations concernant Morhad Amdouni.

L’équipe de France d’Athlétisme a donc vécu des Mondiaux particulièrement compliqués cette année à Doha. Mais cela e présage pas forcement le même sort pour les JO de Tokyo l’été prochain. Souvenons-nous, en 2015, la France n’avait rapporté que 2 médailles de bronze de Pékin, avant de réussir les JO de Rio l’année suivante.

Tristan Vyncke,

Édité par Gaël Simon

Auteur·trice

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