LE 13 INFORMÉ

À LA PÊCHE AUX INFOS

« No nut November » : Un défi « affreux » ou une remise en cause bénéfique de la pornographie ?

4 min read

No Nut November, un des challenges du mois de novembre, qui invite les hommes à ne pas jouir jusqu'en décembre. Photo No Nut November sur Reddit.com

Partager :

SEXO – Ce début de novembre marque le coup d’envoi, pour la gente masculine, de quelques « challenges » symboliques. On connaît le « Movember » et sa célèbre moustache qui affiche son soutien à la recherche contre les maladies masculines. On connaît moins le « No Nut November », où les hommes sont invités à ne pas jouir pendant un mois entier.

  • Le No Nut November est un challenge qui vise, pour les hommes, à s’abstenir de jouir pendant un mois, pour se détacher des films pornographiques.
  • Dans les faits, ce challenge a vite été détourné : il fait l’objet de moqueries sur les réseaux sociaux, et n’est réalisé que pour la performance.
  • Pour ceux qui font ce challenge, novembre se transforme en long chemin de croix : l’expérience n’est ni agréable ni révélatrice de quoi que ce soit.

Le confinement ne leur suffisait pas. Certains ont décidé de se compliquer la tâche avec un défi : le « No Nut November ». Traduction : ils vont tenter de ne pas éjaculer pendant tout le mois de novembre. « Ce mouvement, né sur Reddit, existe depuis plusieurs années déjà, explique Aurore Malet-Karas, docteure en neurosciences et sexologue. À l’origine, on retrouve des hommes qui ont commencé à se rendre compte des effets néfastes de la masturbation pornographique et qui ont décidé de s’abstenir. » Dans les faits, ce challenge n’est pas tant une alternative à la masturbation excessive qu’un rejet des codes de la pornographie actuelle. « La pornographie a énormément évolué aux cours de la dernière décennie, développe Aurore Malet-Karas. On trouve de tout sur les sites, c’est souvent très violent, avec des mises en scène d’inceste par exemple. Certains garçons construisent leur sexualité avec ça. C’est en ça que ces challenges sont intéressants. Ils permettent de remettre en question cette construction, ces clichés, qui donnent une fausse vision de la sexualité masculine, féminine, de la place de la femme… »

En théorie, l’apparition de ce challenge serait donc une bonne nouvelle à l’heure du rééquilibrage des rapports femme-homme. « C’est le signe que les hommes réfléchissent enfin à leur place dans la société, à leur sexualité et à la virilité », approuve Aurore Malet-Karas. 

Irritabilité, insomnies et douleurs

Pourtant, aussi louable que puisse être l’initiative, dans les faits peu de challengers disent faire le « No Nut November » pour ces raisons. Pour certains, comme Axel, étudiant en classe préparatoire aux grande écoles, il s’agit avant tout « de développer sa résistance mentale ». Pour Oscar, lui aussi étudiant, c’est « un pari entre copains. Celui qui tient le plus longtemps se fera payer l’apéro. » Exit la remise en question de la pornographie et de la sexualité masculine : même pour ce challenge-là, les hommes jouent à celui qui a la plus longue. 

Ceux qui réussissent le défi en tirent-ils un quelconque bénéfice ? « Même pas, soupire Sébastien Wesolowski, journaliste ayant expérimenté ce challenge pour ses lecteurs. Je ne conseille à personne de le faire, c’est affreux. » Pour les quelques braves qui y parviennent et qui atteignent le grade d’adjudant, c’est un long chemin de croix. Irritabilité, insomnies, douleur physique même : en somme, « ce sont les mêmes symptômes que lorsque quelqu’un arrête de fumer ou de boire », souligne Aurore Malet-Karas.

À part de meilleures performances à la salle de sport, Sébastien est formel : il n’y a pas grand-chose à garder de son expérience. « Je retiens juste qu’en fait, depuis le tout début de mon activité sexuelle, je n’ai pas passé plus de trois jours sans jouir, détaille le journaliste. En dehors de tous les clichés sur la virilité et la sexualité masculine, je pense vraiment que ça relève d’un besoin physiologique. » Le journaliste et la sexologue s’accordent cependant pour conclure qu’il ne s’agit que d’une question d’habitude, et qu’il suffit d’attendre que le corps s’habitue pour ne plus souffrir de ce manque.

Auteur·trice

Passé par La Dépêche du Midi, Le Rugbynistère, Midi-Olympique, Maritima médias et Le Progrès.
Team La Chance.
Plutôt porté sur l'histoire-géo, la cuisine, le rugby et le monde rural.
Presse écrite, web et radio, même si je n'exclue pas un peu de MoJo.


Partager :

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Facebook
Twitter
YouTube