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Présidentielle américaine : Donald Trump peut-il rééditer l’exploit de 2016 ?

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Donald Trump, distancé dans les sondages par Joe Biden, va tenter de recréer la surprise comme en 2016. (Crédits : Joe Raedle/Getty Images/AFP)

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Il y a quatre ans, le républicain s’était imposé à la surprise générale face à sa rivale démocrate Hillary Clinton, annoncée favorite. Mais cette année, Donald Trump devra réaliser un exploit encore plus retentissant pour conserver son siège. 

  • En 2020, 20 millions de nouveaux électeurs dont 16 millions de jeunes participeront au suffrage. Cet électorat devrait voter pour Joe Biden. 
  • Donald Trump a eu des difficultés pour gérer la crise sanitaire.
  • Mais le président sortant peut toujours compter sur une base électorale solide qu’il va tenter d’étirer comme en 2016. 

Donald Trump battu par le candidat démocrate Joe Biden. Voilà ce que prévoient les sondages pour l’élection présidentielle de 2020. Des prévisions qui rappellent celles de 2016. Et pourtant, il y a 4 ans, c’est bien Donald Trump qui l’avait emporté, au détriment d’Hillary Clinton, grâce à des votes de dernière minute en sa faveur. Cette fois-ci, les instituts de sondage sont soucieux de ne pas reproduire la même erreur qu’en 2016 où l’électorat de Donald Trump avait été largement sous-estimé. À l’époque, 64% des « white non-college graduates », c’est à dire les personnes blanches n’ayant pas suivi d’études supérieures ont apporté leur voix au candidat républicain. Cet électorat n’avait pas été suffisamment pris en compte par les instituts de sondage. « Aujourd’hui, les sondeurs affirment avoir revu leur méthodologie pour tenir compte du vote dit souterrain en faveur de Trump », explique Marie-Christine Bonzom, politologue, spécialiste des Etats-Unis. 

Cependant, si les sondages n’avaient pas anticipé la victoire surprise de Donald Trump, ils avaient analysé une tendance que l’on ne retrouve pas cette année : « En 2016, les sondeurs avaient observé que l’écart entre Clinton et Trump se resserraient dans plusieurs Etats clés, à l’approche de l’élection. Mais aujourd’hui, l’avance de Joe Biden n’a pas faibli depuis plusieurs mois », développe François Clemenceau, rédacteur en chef du service international du Journal du dimanche. 

Un président sortant face à un électorat changeant 

Autre changement de taille par rapport à 2016 : l’électorat. « Cette année, il y a environ 20 millions de nouveaux électeurs dont 16 millions de jeunes et 3,5 millions d’immigrés. Ces électorats votent moins que la moyenne nationale mais lorsqu’ils votent, ils choisissent plutôt le camp démocrate », analyse Christophe Deroubaix, journaliste à L’Humanité et spécialiste des Etats-Unis. De plus, les électeurs ayant décidé de choisir entre les deux principaux partis au détriment des partis alternatifs (écologique ou libertarien), semblent plus nombreux qu’en 2016. Or ces électeurs semblent se diriger vers Joe Biden. « Le profil type c’est un jeune électeur pro Bernie Sanders, qui n’a pas souhaité voter Clinton en 2016 pour autant mais qui, aujourd’hui, souhaite chasser Trump du pouvoir », ajoute Christophe Deroubaix.  

Le statut de « président sortant » pourrait également fragiliser les chances de Donald Trump. « Il ne se présente plus comme un candidat outsider, anti-establishment comme c’était le cas en 2016. Désormais il a un bilan à défendre et notamment une gestion très approximative de la crise du coronavirus », explique-t-il. Pourtant ce statut de « sortant » est régulièrement un atout pour un président américain mais la grande impopularité de Donald Trump n’incite pas à l’optimisme pour le camp républicain.

Tout cela rend donc très hypothétique une réélection de Donald Trump à la Maison-Blanche. Cependant, le président sortant peut toujours compter sur une base électorale solide qu’il va tenter, comme en 2016, d’étirer le plus possible. « C’est cette stratégie, entre autres, qui lui a permis de l’emporter en 2016 », analyse Christophe Deroubaix. « Cette fois-ci, il a même tenté sa chance auprès des populations noires et latino-américaines non diplômées et qui n’ont pas l’habitude de voter, ajoute François Clemenceau. On voit qu’il arrive à grignoter une partie de cette électorat là. » Assez pour refaire son retard ?

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