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À LA PÊCHE AUX INFOS

Avec We Will Always Love You, les australiens de The Avalanches nous dévoilent un amour plus que réciproque

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Le visage d'Ann Druyan, spectographié pour la pochette de l'album.

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Le 11 décembre dernier, le duo australien The Avalanches sortait son troisième album We Will Always Love You sur le label Modular. Comme une courte pause ou un point final au vacarme de 2020, cet album propose un voyage parmi les étoiles, dilué dans une véritable ode à la vie et à l’amour.

Elle aurait pu arriver plus tôt cette review, il est vrai. Mais nombreux sont ceux qui reviennent à peine du voyage stellaire proposé par ce nouvel opus. Et si cette épopée marque une bouffée d’air après le chaos de l’actualité de ces derniers mois, on aurait presque envie de repartir voir la Terre depuis les étoiles, l’année 2021 ayant déjà montré tout son potentiel. Vous avez votre ticket pour l’ISS ? Allez, on y retourne.

Bien installés ? We Will Always Love You c’est 25 titres et 71 minutes d’écoute qui nous emmènent par delà la stratosphère, et ce dès la pochette (voir image d’en-tête). Une image sur laquelle apparaît un visage, celui d’Ann Druyan, passé au spectrographe, puis transformé en son, avant d’être à nouveau changé en image. Et Ann Druyan n’est nul autre que la directrice artistique du projet Voyager Golden Record : en 1977, deux plaques de métal – contenant une sélection de sons et d’images censée représenter dans sa diversité la vie humaine et sa culture – sont envoyés dans l’espace à bord des deux sondes de la NASA Voyager 1 et 2.

Le but ? Communiquer une partie de l’histoire humaine à d’hypothétiques civilisations extra-terrestres. Parmi les enregistrements sonores gravés sur les plaques : les battements de coeur d’Ann Druyan, capturés le jour après la demande en mariage de Carl Sagan, célèbre astronome dont elle est aujourd’hui veuve. Dans We Will Always Love You, on vit d’amour et d’espace.

Un album qui s’inscrit comme la pièce finale du triptyque musical entamé par les deux australiens à l’orée du nouveau millénaire. Nous sommes en 2000, et le premier album du groupe Since I Left You surgit dans les charts. Un OVNI musical tout aussi stratosphérique que son jeune frère, et véritable trip sonore constitué de pas moins de 3500 samples. Une production plus que réussie qui fera du groupe des pionniers en la matière. Il faudra seize ans à Robbie Chater et Tony Di Blasi pour donner suite au projet avec l’excellent Wildflower (2016) et son lot de classiques (Because I’m Me, Frankie Sinatra, Subways…). Un puzzle en trois pièces magnifiquement conclu par We Will Always Love You,  lui aussi construit autour de samples comme bases absolue des morceaux, avant que des parties instrumentales y soient rajoutées. Et si France Inter en parle comme le meilleur album de la terre, une chose est sûre, c’est au moins le meilleur album de l’espace.

Balades et ballades

Dans cet album à écouter d’une traite, on vogue au gré des titres qui s’enchaînent tel un seul morceau.  Et au milieu des interludes musicales, des extraits de voix et de fragments sonores – qui sonnent comme des signaux satellites (Star Song.IMG, Weightless) tout en contribuant à la sensation de voyage – on découvre avec émerveillement le beau monde qui a été invité à cette grande fiesta spatiale. Si la fête n’est pour l’instant plus envisageable sur le sol terrestre (n’en déplaise aux bretons), c’est au milieu des étoiles qu’elle prend place.  Et la guest-list est longue : The Avalanches côtoie aussi bien Leon Bridges,  que les emblématiques américains de MGMT, en passant par Jamie xx,  Denzel Curry ou encore Blood Orange, pour ne citer qu’eux.

À la croisée des planètes – et des styles, les 25 titres alternent  pop soignée, hip-hop, musique électronique – on danse, on aime, on vit, on célèbre. Une ode à la vie qui nous saute à la figure avec des morceaux comme l’envoutant We Go On, où le jeune californien Cola  Boyy rencontre l’ex-membre des Clash Mick Jones dans un titre empli d’une énergie unique. Unicité que l’on retrouve dans Gold Sky, où le monopole du texte est laissé à l’habile Kurt Vile, tandis que le morceau sonne comme une prière, une incantation crescendo. Et avec Music Makes Me High, qui retentit comme le paroxysme de la montée en puissance de l’album, on se laisse transporter avec spontanéité dans un tube d’une soirée d’été.

Si d’autres titres comme Take Care in Your Dreaming confirment avec romantisme la tendance rêveuse de l’écoute qui se fait de cet album, c’est bien avec Weightless que l’onirisme culmine. Point final de l’album, le titre nous laisse (comme son nom l’indique) en apesanteur, et songeurs face à l’immensité du vide qui entoure l’auditeur qui avait pris soin d’enfiler sa tenue de cosmonaute. La musicalité disparaît au profit de sons spatiaux et d’une voix qui s’engouffre dans le vide. Ça y est, nous y sommes.

Auteur·trice

Team radio & team La Chance
4x4 teinté tout terrain, tous les sujets et formats m'intéressent, avec une petite préférence pour la culture et l'éducation aux médias.


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