EDITO – Marseille, ce n’est pas encore chez lui

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Dans l’Hérault le 20 avril dernier, Emmanuel Macron a dédicacé un maillot de l’Olympique de Marseille. Et si le président de la République n’est pas à sa première preuve d’amour pour le club, il ne fait encore pas partie de l’équipe. Et sa maison reste aujourd’hui à la capitale. Depuis son arrivée au pouvoir, Macron se rend régulièrement dans la deuxième ville de France. Parfois pour tenter de conquérir un électorat, comme à l’entre-deux tours de 2022 où il avait fait son speech au Palais du Pharo. Parfois pour lancer et suivre des projets comme “Marseille en grand », l’objet de sa future visite. 

L’intérêt particulier porté par Macron à Marseille est important, bien plus qu’avec ces prédécesseurs. Indéniablement, son amour pour l’OM, sa maîtrise de la géographie de la ville et de ses enjeux restent un nouvel outil de communication pour confirmer son envie de mettre l’accent ici. Mais son investissement peine à porter ses fruits. La preuve dans les urnes, où les résultats de son investissement restent modérés (il était arrive deuxième au premier tour de l’élection présidentielle en 2022 à Marseille avec 22,6% des voix).

Les manifestations massives contre la réforme des retraites dans la deuxième ville de France n’ont fait que le confirmer. Il n’est pas ici, chez lui. Et s’il compte venir, il n’a pas intérêt à presser son arrivée. « Il va faire tout noir chez toi », lançait la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet au chef de l’état, le 31 mars. C’est aussi ce qui peut l’attendre en cas de visite, comme nous le confirmait Renaud Henry, secrétaire générale CGT énergie 13 et fervent protestataire. Dans un contexte social très difficile, un déplacement dans la métropole la plus remontée s’annonce périlleux. Surtout que le mécontentement pourrait faire passer « Marseille en grand » au second plan. Et pourtant c’est bien avec ce projet « pour améliorer le quotidien des Marseillais » qu’il comptait gagner des points. Même en venant sur place, dans ce climat particulier, il pourrait continuer à en perdre. 

Auteur·trice
Gabriel Baldi

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