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À LA PÊCHE AUX INFOS

Internet : promouvoir le voyage à vélo, mode de transport écolo

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Crédit photo : Creative Commons

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Récemment, les internautes se sont mis à préférer le vélo aux autres modes de transport. Le geste s’inscrit dans un raisonnement écologique. 

Je ne sais pas à quel point tu traînes sur Internet, ni quelle liberté te laissent tes parents sur les réseaux sociaux. En ce qui me concerne, je me suis mise à suivre un certain nombre d’influenceurs “conscients”. J’entends par-là des personnalités qui donnent à réfléchir sur des sujets donnés – l’écologie en particulier. 

Cet été, via ses stories, j’ai accompagné Swann Périssé dans son challenge engagé. Avec son meilleur ami Mateo Bales, elle s’est lancée dans un voyage Paris – Copenhague… à vélo. 1 600 kilomètres – abattus à la force de ses cuisses. “Je voulais savoir jusqu’où je pouvais voyager sans kérosène, sans essence, sans électricité, explicite-t-elle sur ses réseaux. Voyager à pied et à vélo, c’est les façons les plus écologiques de voyager. Pour l’instant, ça fait mal au cul… et chaud au coeur”. Elle en profite pour donner ses bons plans équipement, retracer ses galères de ressources.

Évidemment, tu n’es pas obligé d’être le patron du deux roues. Quand on lui demande si elle est sportive, la vidéaste se perd dans un rire franc – qu’elle coupe net. Aux heures d’entraînement, elle a préféré le départ au culot. “Tu prend ton guidon dans tes mains, les fesses sur la selle, tu pousses sur la pédale et tu réitères le mouvement jusqu’à ce que tu aies envie de mourir

Swann Périssé, c’est l’histoire d’une fois. Une aventure improvisée, une parenthèse physique faite de crampes, de tendinites et de grands sourires. Si tu veux orienter ton contenu vers ce genre de vidéos, je t’invite à visionner la chaîne de Toltenvoyage.  Son vrai nom, c’est Benjamin Martinie. Ses premiers déplacements filmés datent de 2016. Au départ, bien qu’intéressé par l’écologie, Tolt ne faisait pas attention à sa manière de voyager. Puis, en 2019, il a décidé de se documenter. “À l’époque, dans ma vie privée, je m’exprimais beaucoup sur les questions environnementales, raconte-t-il à Reporterre. Mes amis me renvoyaient donc à ma grosse contradiction : l’avion. J’étais dans une forme d’ignorance et de déni. Je pensais que l’aviation n’était pas si grave que ça. Ca m’a poussé à creuser le sujet, et je me suis rendu compte qu’à l’échelle individuelle, l’avion est ce qu’il y a de pire pour notre empreinte carbone ». 

Il dessine une croix rouge, épaisse sur l’avion. Benjamin Martinie revoit ses plans, se tord l’esprit pour compiler aventure et écologie. Il finit par opter pour les paysages départementaux. Il découvre – et dévore la Lozère, la Meuse, le Lot. Le pari est gagnant : lui s’assure que sa passion ne défigure pas l’environnement ; ses followers repèrent des bons plans locaux sous-côtés. “Je suis persuadé qu’il faut qu’on réapprenne à contempler, juste marcher et regarder ce qu’il y a autour de nous, poursuit le vidéaste. Essayer de se réapproprier le vivant. (…) C’est mon rôle d’alerter et de donner des informations factuelles. Les influenceurs ont un énorme rôle à jouer pour ringardiser les comportements qui nous mènent droit dans le mur”. 

Pour information, cette infographie sert à te rendre compte de la différence de consommation de CO2 des moyens de transports habituels, appliqué au déplacement de Swann : Paris – Copenhague

Réunir du monde

Tu n’es pas obligé d’attendre l’intervention d’un influenceur. Qu’est-ce que tu dirais de te renseigner tout seul, de t’organiser ? Sache qu’à la simple force de tes dix doigts, et en très peu de clics, tu peux tomber sur des groupes d’échanges sur Facebook. Voyager à vélo en France, entre autres. Plus de 79 000 personnes suivent déjà cette page d’informations, de conseils, d’actualités. 

En fouillant un peu à la recherche de bonnes astuces, je me suis retrouvée sur Cyclo-Camping International, qui se présente comme une “association sans but lucratif qui regroupe et informe ceux qui voyagent à vélo en autonomie”. L’objectif, c’est de t’informer sur le “slow tourisme”, dont la traduction, “tourisme lent”, te parlera peut-être un peu plus. Martine Le Lan, présidente de l’association de 2018 à 2021, en parle bien : “Il y a cette idée de découverte au rythme d’un voyage lent. De lieux, de personnes, d’espaces et de modes de vie, où que ce soit, dans une région de France ou à l’autre bout du monde. Nous voyageons en itinérance, sans voiture suiveuse qui nous rejoint le soir, ni véhicule motorisé. On s’arrête quand on en a envie. Ce ne sont pas des voyages organisés ; chacun prend l’itinéraire qu’il veut, mais participe au temps de convivialité le soir.”

Au-delà du concept touristique, qui n’oriente pas sa communication autour de l’écologie, le site comporte une section qui rentre dans notre sujet : la partie forum. C’est un espace où les utilisateurs adhérents s’échangent des conseils d’itinéraires et de matériel, recherchent des partenaires d’aventure, proposent des sorties. Les messages sont redistribués dans les boîtes mails des volontaires. Finalement, on y retrouve cet élan de rencontres, ce désir d’organiser des événements autour du vélo. 

Soigner la voirie

L’Association française pour le développement des véloroutes et des voies vertes (AF3V) agit dans le même sens, à la différence qu’elle focalise son action sur la voirie, moins sur l’humain. Elle “agit pour la réalisation d’un réseau ambitieux de véloroutes et de voies vertes au bénéfice de la transition écologique, de l’inclusion sociale et de la santé” – c’est ce qu’elle écrit sur sa page web. 

Le site emploie des termes intéressants, dont il serait mâlin que tu cernes la définition. L’écomobilité, par exemple. Ce n’est ni plus, ni moins le choix de préférer des modes de transports “doux”, qui ne consomment pas ou peu. La marche à pied et le vélo, comme je t’en parle depuis tout à l’heure, mais aussi des transports en groupe pour éviter au maximum d’atteindre l’environnement. Ce fameux réseau, composé de “véloroutes” et de “voies vertes” – qui n’est rien d’autre que des pistes et des voies cyclables plus ou moins longues sur lesquelles les véhicules motorisés n’ont pas l’autorisation de circuler -, où l’on ne polluerait pas servirait à lutter contre le réchauffement climatique, en plus de préserver la biodiversité, soit la vie (végétale, animale) qui t’entoure. 

Ce qu’il faut retenir ? L’AF3V œuvre pour obtenir un maximum de voies où les usagers, toi et moi, ne consommeraient pas d’essence. Pas de rejet de gaz dans la nature, pas de pollution. Comme sa compère, elle profite de son site internet pour relayer un tas d’événements organisés depuis Internet. Tu peux consulter l’agenda pour ne rien rater des réunions de prises de position écologiques sur le voyage. 

En clair, Internet est une mine d’engagements écologiques et un levier plus qu’efficace lorsqu’il faut penser à de nouveaux moyens de transport. Si l’idée te plaît, je t’invite à consulter ce manuel du voyage à vélo, proposé par Cyclo-Camping International. Tu peux le feuilleter avec tes parents pour qu’ils t’orientent au mieux. Si tu es bon rhéteur, tu peux même essayer de les convaincre de sortir les vélos du garage, d’enfourcher la selle et de t’accompagner à travers la France. Sinon, il faudra user de patience. 

En attendant, tu peux toujours calculer ton empreinte carbone depuis ce simulateur, proposé par impactco2.fr : 

https://impactco2.fr/iframe.js 

Auteur·trice
Estelle Hottois

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