Audition : gare aux écouteurs et aux casques pour les jeunes enfants

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14% des enfants de moins de 10 ans ont déjà consulté un ORL pour des acouphènes constate une enquête IFOP. La faute, notamment, aux casques et aux écouteurs. 

Une étude IFOP s'inquiète de la santé auditive des enfants.
Une étude s’inquiète de la santé auditive des moins de 10 ans. Crédit photo : Victoria Watercolor / Pixabay

Dans sa poussette, Mia, casque sur les oreilles, regarde un dessin animé sur le smartphone de sa grand-mère, Madeleine. “J’aime quand c’est fort” murmure la fillette de trois ans, alors que sa mamie discute avec les autres mamans à la sortie d’une école maternelle marseillaise. Même si son casque est à plein volume, Mia n’a encore jamais dû consulter un ORL pour des acouphènes. C’est pourtant le cas de nombreux enfants de son âge.

Constat alarmant d’une étude IFOP à l’occasion de la Journée nationale de l’audition, 14% des enfants de moins de 10 ans ont déjà consulté un médecin ORL pour des bourdonnements ou des sifflements dans les oreilles. Ils peuvent être dûs à des otites, mais aussi à une exposition trop importante au bruit. Leur conduit auditif, plus court que celui des adultes, est particulièrement sensible. 

L’usage des casques et des écouteurs pointé du doigt

D’après le baromètre de l’IFOP, comme Mia, 40% des enfants de moins de 10 ans utilisent un casque ou des écouteurs entre une heure et quatre heures chaque jour. “Souvent les enfants s’isolent avec leurs écouteurs et les parents n’entendent pas que c’est trop fort. Si c’est régulier, ce genre d’habitudes peut causer des dommages irréversibles sur leur conduit auditif ” explique François Paire, président de l’association de prévention Surdi13, basée à Aix-en-Provence.

“Tous les gens fortement exposés au bruit sont fortement exposés à des troubles de l’audition à long terme” rappelle ce dernier. Selon l’association Journée nationale de l’audition, la limite se situe à 80 décibels, 8 heures par jour. Ce qui correspond à 30 minutes avec un casque à pleine puissance. 

Attention à la durée d’exposition au bruit 

Et si le volume d’écoute compte, il faut aussi faire attention à la durée quotidienne d’exposition. Dans ses dernières campagnes de prévention dans les Bouches-du-Rhône, François Paire alerte ainsi sur les dangers de l’écoute au casque à l’endormissement.

“C’est une tendance que l’on voit de plus en plus. Or oublier son casque à plein volume alors que l’on dort, c’est potentiellement s’exposer très longtemps au bruit, et sans s’en rendre compte. Et c’est donc se condamner à une perte de son capital auditif très jeune”. Un capital qu’il n’est pas possible de retrouver après une perte d’audition.

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