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Bourse Jacques Goddet : Un classico à sens unique

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La 30e Bourse Jacques Goddet est organisé ce lundi 4 avril

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Une seule victoire Marseillaise en 30 ans. La Bourse Jacques Goddet qui récompense les étudiants en école de journalisme, ne réussit pas aux phocéens. Comme en Ligue 1, le classico a choisi son camp.

C’est le jour J. Chaque année au mois d’avril, les étudiants de l’École de journalisme et de communication d’Aix-Marseille (EJCAM) embarquent dans un train direction la capitale. Poussés par la ferveur marseillaise, ils partent défendre le bleu ciel de leur maillot dans les locaux du quotidien L’Équipe pour la Bourse Jacques Goddet. Cette épreuve en deux catégories (télévision et web) récompense les journalistes en herbe par un contrat dans le journal. Au total, sur les 29 éditions de la Bourse 17 vainqueurs sont issus des cinq écoles de journalisme de la capitale, un seul de Marseille.

Un non-match dès le commencement

Pourtant, tout avait plutôt bien commencé pour les sudistes. En 1996, Matthieu Barberousse devenait à jamais le premier talent de Marseille à remporter le concours appelé alors La Page d’or L’Équipe. « Je passais l’épreuve en tant que secrétaire de rédaction. On devait monter une page sur la préparation de David Douillet aux Jeux Olympiques, 15 minutes avant la fin, ils nous ont dit qu’il déclarait forfait, il fallait tout refaire », se souvient Mathieu Barberousse, sourire aux lèvres.

Trois ans après la victoire de l’Olympique de Marseille en Coupe des Clubs Champions, c’était écrit. Si les Parisiens bavent encore devant la coupe aux grandes oreilles des Marseillais, la situation est bien différente pour la bourse Jacques Goddet. Sur les trois premiers vainqueurs, deux étaient formés à l’école parisienne de l’Institut pratique du journalisme (IPJ).

Une relation à distance

Pour Mathieu Grégoire, journaliste de l’Équipe intervenant à l’EJCAM, le problème va bien au-delà du recrutement des étudiants. Les Kylian Mbappé et Neymar Jr du journalisme ne se trouveraient pas forcément dans les écoles parisiennes. « Le niveau des Marseillais est bien présent mais il y a un manque de lien avec le journal. Quand j’étais en école à Paris, nous venions tous les samedis faire de la relecture dans les locaux de L’Équipe. Aujourd’hui, on est deux dans ma promotion à y travailler du . On est tout de suite en meilleure posture pour gagner ce genre de concours », explique avec un peu de regret Mathieu Grégoire.

Si le lien est difficile à établir pour les jeunes journalistes en région, certaines écoles s’en sortent bien mieux que l’EJCAM. L’ESJ Lille est la mieux représentée sur la plus haute marche du podium avec 11 victoires. Une statistique qui prouve que jouer à domicile n’est pas forcément un avantage selon Romain Harent issu de Science Po Paris et lauréat 2018 de la catégorie télévision. « Le jury cherche un journaliste avec du potentiel et des compétences, il ne regarde pas nos écoles. Les étudiants provinciaux font un complexe d’infériorité en pensant que le milieu parisien pratique l’entre-soi. C’est totalement faux », martèle-t-il.

« On a appris la date de la Bourse une semaine avant l’épreuve »

Il faut l’avouer, les journalistes de L’Équipe n’applaudissent pas au passage d’un étudiant du CFJ ou de l’IPJ en criant « Paris est magique ! ». En regardant plus en détail, on peut voir que l’EJCAM n’a pas à rougir de la ses performances. Ces deux dernières années, trois Marseillais sont montés sur le podium de la Bourse Jacques Goddet. Comme en ligue 1, les « bleu et blanc » sont habitués aux places d’honneur.

Pour Gaël Simon, ancien étudiant de l’EJCAM arrivé troisième en 2019, la dernière étape pour atteindre les sommets sera franchi grâce « à une meilleure implication de la part de l’école ». Le Marseillais n’attend pas d’investissement en provenance du Qatar mais « au moins avoir plus d’un cours dédié au sport sur les deux ans de formation. Je me rappelle qu’on a appris la date de la Bourse une semaine avant l’épreuve, ça montre bien qu’il y a un souci. »

Cela n’empêche pas les étudiants de l’EJCAM de revenir chaque année motivés. Marquinhos le rappelait en 2018 : « Un classico ça ne se joue pas, ça se gagne ». Ce lundi 4 avril 2022, le candidat Marseillais tentera de se défaire des ogres parisiens à deux semaines d’un nouveau (vrai) classico au Parc des Princes.

Auteur·trice
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Célestin Bougère

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