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Chatbot, Hotline, QR Code…pour aider les jeunes à s’inscrire sur les listes électorales

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Le vote Online. Crédits photo: Tara Winstead/Pexels.

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Un jeune Français sur deux ne serait pas inscrit dans le bon bureau de vote. Ce serait une des raisons majeures de leur abstention. Pour contrer ce phénomène les associations A Voté et Tous Élus proposent des solutions permettant de s’y retrouver dans la jungle des démarches administratives.

 

« Il faut dire que le site du gouvernement n’est pas super ludique. Nous, on a choisi la position de facilitateur », estime Flore Goupil Blondel, co-présidente de l’ONG A Voté. C’est avec cette volonté que l’association a lancé un chatbot le 11 janvier sur WhatsApp, en partenariat avec 28 Minutes, Ouest France et Méta. Il doit aider les 18-27 ans à s’inscrire sur les listes électorales de la ville dans laquelle ils vivent. Une aide qui séduit Léa. La jeune femme travaille à Marseille, loin de l’endroit où elle a grandi. Elle ne compte pas rentrer à la maison pour voter aux élections présidentielles. Ça serait trop contraignant pour cette éditrice.

« Super content de pouvoir discuter avec toi 😊 » répond le bot après qu’elle a engagé la conversation avec celui-ci sur WhatsApp. S’ensuit des questions sur son âge, son année de naissance (réponse facultative), sur son lieu d’habitation. Elle a le choix entre France métropolitaine, outre-mer, étranger. On lui demande également son numéro de département. En lisant ces mots Léa marque un temps de pause. « Lequel ? Celui où j’habite actuellement ? Ce n’est pas évident. Pour moi, ça reste le 31 », s’exclame cette chargée d’édition. Puis, comme son inscription sur les listes électorales n’est pas à jour, le chatbot lui envoie un lien vers le service public. Les difficultés commencent. On lui demande pour certifier son lien avec la commune dans laquelle elle habite de soumettre au site une facture. « A part une facture téléphonique, je n’ai rien comme justificatif de domicile ». Un peu déboussolée, Léa revient vers le chabot. Elle signale en tapant un 3 qu’elle a rencontré un problème, en précisant qu’elle n’a pas de facture en son nom. Elle reçoit comme réponse : « Merci, mes collègues d’A Voté vont se pencher sur la question. » 

La conclusion de l’expérience ne se fait pas attendre : « Le format WhatsApp est intéressant, mais ça ne m’a pas transcendé. Je n’ai pas eu de réponse à la question que je me posais. Je vais quand même faire une procuration ». 

Quand les utilisateurs, comme Léa ou Juliette, rencontrent des difficultés une fois sur les sites du service public, l’association A Voté les fait remonter. « Récemment, la plateforme internet du service public a planté, on a averti l’Elysée et le SIG », raconte Dorian Dreuil, co-président de l’ONG. Il insiste sur le fait qu’ils espèrent porter une campagne de plaidoyer auprès des pouvoirs publics pour simplifier les démarches administratives. Leur but est qu’à terme « on sorte de ce système obsolète d’inscription. Nous espérons qu’on trouve un système de changement automatique de situation électorale dès qu’il y a un changement de domicile ». 

Du côté de Tous Elus, l’ambition de permettre d’être dans le bureau de vote de sa ville est la même, mais la manière de procéder est différente. Ils ont lancé la campagne Tous inscrits en 2017 en ayant toujours en tête que près de 7 millions de personnes seraient touchées par la “mal-inscription”. 

Reportage de Capucine Laulanet et Diane Pezeron

Sur leur site web, l’onglet « où est mon bureau de vote ? » amène directement sur le site du gouvernement, qui permet de vérifier si on est inscrit sur la bonne liste. Après avoir rentré ses informations, si la personne rencontre des difficultés, elle peut faire appel à l’animateur de la hotline. En semaine, il est disponible de 8 heures à 20 heures. Pendant le week-end, il faut prendre rendez-vous. On est sûr d’avoir quelqu’un pour nous assister, savoir quels papiers sont les bons. L’association mène d’autres actions. Elle distribue des tracts sur lesquels sont imprimés des QR code qui mènent vers leurs sites web. 

Les membres de ces associations ont volontairement décidé de ne pas aller plus loin que l’aide à l’inscription pour augmenter la participation des jeunes. Toutes les deux se définissent comme “apartisane”, mais pas “apolitique”. Flore Blondel-Goupil reconnaît que cela peut être frustrant pour certains. « Il y a des gens qui sont perdus avec le chatbot. Ils ne savent pas pour qui voter. On les envoie vers Elyze où là ils ont un accompagnement ultra personnalisé ».  

L’application Elyze permet, en quelques swipes à gauche ou à droite, de trouver le candidat à la présidentielle, qui correspond à ses convictions politiques. Lancée début janvier, elle a été co-créée par Grégoire Cazcarra, membre fondateur d’A Voté. Le succès a été tout de suite fulgurant : 150 000 utilisateurs après son lancement, plus de 1,5 millions le 20 janvier. Preuve que les adulescents ne sont pas tous insensibles à la politique. « On voit que les jeunes sont parfois très investis sur des questions politiques”, assure Flore Blondel-Goupil. 

A Voté vient de dévoiler son partenariat avec Tinder, toujours dans la logique d’aller chercher son public là où ils se trouvent. Jusqu’au 8 avril l’appli s’est engagée à diffuser des annonces de l’association.

Auteur·trice
Margot Fournie

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