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Dépénalisation du cannabis récréatif : les Marseillais peu convaincus

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Image Pixabay - libre de droit

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C’est un vieux serpent de mer qui a ressurgit ce week-end : celui de la dépénalisation du cannabis récréatif. La consultation citoyenne sur la consommation de cannabis des Français, lancée il y a six semaines, s’est terminée ce week-end. Résultat : près de 80% des plus de 250 000 participants se disent en faveur d’une autorisation de la consommation et de la production dans un cadre régi par la loi. Mais dans la cité phocéenne, certains Marseillais restent sceptiques. 

Derrière le comptoir de son bar-tabac, Axel est formel : « je suis contre la dépénalisation. C’est une fausse bonne idée. » Le jeune homme déplore une manoeuvre politique, une promesse de campagne non tenue par Emmanuel Macron qui ressurgit à un an des élections. « Tout ça, ce sont des arrangements. Je ne vois pas quel avantage il y aurait à tirer d’une légalisation. Si c’est pour couper l’herbe sous le pied des trafiquants, il ne faut pas se leurrer, ils changeront juste de trafic. » Dans l’hypothèse d’une dépénalisation, les bar-tabacs pourraient être des points de vente tout désignés pour commercialiser le cannabis, mais même dans ces conditions, « je gagne suffisamment d’argent, je n’ai pas besoin de me diversifier dans la vente de drogue » confie Axel.

Dans la même veine, Gabriel ne voit pas l’intérêt de légaliser le cannabis : « on le voit bien avec le tabac. C’est légal, et pourtant, le trafic de cigarette est une réalité. Je ne pense pas que légaliser le cannabis soit vraiment efficace pour arrêter le trafic. »

« Ça détruit vraiment les vies des gens »

Ancien addict au cannabis, l’artiste Moktus a fait de son art le porte-parole de son message. À l’aide de panneaux « stop » en plâtre à l’intérieur desquels est écrit le mot « stup », le jeune artiste colle un peu partout son message : il faut arrêter les stupéfiants. « Je l’ai vu avec ma propre expérience. Cette drogue, elle fait de vrais ravages, surtout chez les jeunes, ça leur abîme vraiment le cerveau. » Alors le Marseillais se dresse vent debout contre cet énième projet de dépénalisation : « Franchement, ce projet, je n’en pense pas du bien. À part inciter les gens à toujours plus consommer, ce qui n’est pas une bonne idée, je ne vois pas quels autres effets il va apporter. »

Une écrasante majorité de Français se dit pourtant prête à franchir le cap, si bien que le rapporteur de la mission parlementaire sur la question, le député LReM de la Creuse Jean-Baptiste Moreau a suggéré un référendum pour trancher définitivement la question. Il peut notamment s’appuyer sur l’exemple du Portugal, qui a fait le choix de dépénaliser toutes les drogues il y a 20 ans. Avec succès : en 2019, 8% des Portugais âgés de 18 à 34 ans avaient consommé du cannabis, contre 21,8% des Français.

Auteur·trice

Passé par La Dépêche du Midi, Le Rugbynistère, Midi-Olympique, Maritima médias et Le Progrès.
Team La Chance.
Plutôt porté sur l'histoire-géo, la cuisine, le rugby et le monde rural.
Presse écrite, web et radio, même si je n'exclue pas un peu de MoJo.


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