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Dépénalisation du cannabis : un artiste marseillais pose des panneaux pour dire « Stop aux stups »

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Un panneau "stop aux stups" sur le grand-escalier de la gare Saint-Charles à Marseille. Crédits photo : Moktus/Stop_Stup

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Le 28 mars, la consultation citoyenne sur la consommation de cannabis organisée par l’Assemblée nationale a livré son verdict. 80 % des Français sont en faveur de sa légalisation. À Marseille, ancien addict au cannabis, Moktus lutte contre les dangers de la consommation de cette drogue grâce à son art. L’artiste sillonne les rues de la cité phocéenne, semant ses œuvres un peu partout. Il varie les tons, les motifs et les couleurs, mais à chaque fois, c’est la même chose : un panneau stop en plâtre à l’intérieur duquel est écrit « Stup », pour dire « Stop aux stups ».

Ses cheveux longs frisés noués en queue-de-cheval, Moktus enduit de ciment un panneau en plâtre. « Il n’y a rien de bon dans le cannabis », assène le jeune homme en collant son octogone contre un mur du quartier du Panier. Le 28 mars dernier, près de 80% des citoyens ayant répondu à la consultation sur la dépénalisation du cannabis sont se sont déclarés favorables à la légalisation du cannabis. Et si son rapporteur, le député de la Creuse Jean-Baptiste Moreau, a déclaré que des propositions seront faites « dans le mois », le Premier Ministre Jean Castex s’est lui fortement opposé à sa légalisation lors de son passage sur Twitch aux côtés de Samuel Étienne le 14 mars. La preuve que même au gouvernement, le sujet fait encore débat…  

https://twitter.com/moreaujb23/status/1367566601546006530

Pour Moktus, légaliser le cannabis n’est même pas une option. Et pour cause : ancien addict, il connait les dommages que provoque le cannabis. « J’ai commencé à fumer dès l’adolescence. Plus je grandissais, plus je fumais. J’ai connu la dépendance, l’isolation… ça abîme vraiment le cerveau, surtout chez les jeunes », regrette-t-il. 

L’art contre l’addiction

Deux rues plus loin, Moktus prend un nouveau panneau, recommence son manège. « J’ai réussi à me sortir de l’addiction en me retirant à Gap en 2017, pour me couper de tout, le temps de me sevrer. C’est là que j’ai eu l’idée de faire mes panneaux.  Il me suffisait de changer une lettre, et le message était là : Stop aux stups. » Depuis, le Marseillais colle avec acharnement son message, même si parfois il doit s’expliquer. « Des policiers ont cru que je collais pour signaler des points de vente de cannabis, se marre-t-il, spatule à la main. Alors que c’est tout l’inverse! Je leur ai expliqué, ils ont compris et m’ont même encouragé. »

Grâce aux réseaux sociaux, Moktus s’est déjà forgé une petite réputation : « Je suis dans le Guide du street-art de Marseille », claironne-t-il fièrement en sortant le petit livre de son sac. « J’ai une communauté de plus en plus importante qui me suit sur Instagram notamment. Ça me permet de diffuser mon combat ailleurs au-delà de Marseille. » Moktus tient à rester anonyme : « Ce qui est important, c’est mon message, pas moi », sourit ce Banksy aux panneaux de plâtres. Cannabis légalisé ou pas, Moktus compte bien continuer à poser ses panneaux.

Auteur·trice

Passé par La Dépêche du Midi, Le Rugbynistère, Midi-Olympique, Maritima médias et Le Progrès.
Team La Chance.
Plutôt porté sur l'histoire-géo, la cuisine, le rugby et le monde rural.
Presse écrite, web et radio, même si je n'exclue pas un peu de MoJo.


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