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La légalisation sociale du cannabis, “un des aspects de la révolution” de Mohamed Bensaada

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Le militant insoumis a présenté son nouveau livre en faveur de la légalisation du cannabis dans le 14ème arrondissement mardi 17 janvier. Un programme politique et économique qui place l’État au centre de l’organisation.

En ayant grandi au parc Corot, le fondateur de l’association “Quartiers Nord, Quartiers Forts” explique que le cannabis est une problématique majeure pour les familles des arrondissements populaires. « Ça a pris une ampleur et une place dans la vie des habitants des quartiers qui est devenue assez dramatique”, s’insurge-t-il. “Dans ma famille, dans mon entourage amical et professionnel, dans mon militantisme au quotidien, je rencontre beaucoup cette problématique qui est devenue une problématique obsessionnelle depuis une douzaine d’années”, observe l’ancien militant Europe-Écologie-Les-Verts.

Si le sujet du cannabis s’est imposé par l’expérience du terrain, c’est ensuite le prisme de la politique et de l’économie qui ont permis à Mohamed Bensaada d’accoucher de son programme de “légalisation sociale”. Loin de la dépénalisation ou de la légalisation classique, synonyme d’un capitalisme libéral débridé pour le Marseillais, cette forme de légalisation place l’État comme gardien du marché. Avec un dispositif fiscal adapté, qui reste encore à trouver, les retombées financières de la légalisation pourraient permettre de construire et de rénover de nouvelles écoles, mais aussi de venir en aide aux associations de quartier. “Les investissements liés aux revenus du trafic seraient ensuite redistribués structurellement, c’est-à-dire investir dans les centres sociaux, les associations, la pratique sportive et l’emploi”, détaille l’auteur. 

« La légalisation sociale du cannabis sera une aubaine pour les quartiers populaires »

Pendant plus d’une heure, Mohamed Bensaada alterne entre des exemples piochés à l’intérieur de son livre et des explications politiques. En pesant ses mots, il résume sa réflexion : “En réalité, le but du jeu c’est de rattraper économiquement le décalage qu’il y a entre les quartiers populaires et les autres quartiers de notre pays”. La salle semble unanime : la légalisation sociale du cannabis sera une aubaine pour les quartiers populaires. Pourtant, une voix discordante s’élève progressivement dans le fond de la salle. Assise à l’écart, une habitante lève tout à coup la main. Elle n’est pas convaincue par l’intérêt de ce programme. Comme cette femme, presque un Français sur deux ne se prononce pas ou n’est pas favorable à la légalisation du cannabis selon un sondage IFOP de juin 2021.

Pour Mohamed Bensaada, il s’agit d’un “a priori culturel, une approche morale ou moralisatrice sur la question”. Pour le militant il ne s’agit pas d’un “manque de courage politique, mais très clairement d’une lâcheté politique”. La crainte des débordements de la légalisation revient à chaque fois au cœur du débat. Pourtant, les clés pour mettre en place sereinement cette légalisation sociale sont évidentes pour le Marseillais : “On ne va pas faire une étude de marché mais on sait à peu près ce qu’il faut faire et ce qu’il ne faut pas faire. Il faut que les prix soient au même niveau que ceux dans le marché illicite. Et il faut surtout travailler sur tout ce qu’il y a autour de la consommation et de la vente du produit, c’est-à-dire la prévention, le suivi sanitaire et social des usagers. Et là, on arrivera à proposer une offre qui sera beaucoup plus attractive du point de vue du consommateur”

L’auteur le confesse sans honte : la légalisation sociale est encore un projet en cours d’écriture. Un projet qui rentre dans une aspiration plus grande pour Mohamed Bensaada : “La légalisation sociale n’est qu’un aspect de la révolution que l’on doit mener”

Auteur·trice
Lison Bourgeois

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