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Précarité étudiante : la solidarité des Cop1 arrive à Marseille

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Lors de cette distribution, 220 paniers alimentaires ont été préparés par les bénévoles.

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Après Paris et Angers en 2020, l’association de solidarité étudiante Cop1 a fait son arrivée à Marseille avec une deuxième distribution de nourriture ce samedi 26 novembre. D’ici le mois prochain, les bénévoles entendent accélérer leurs actions pour répondre aux besoins des 58 000 étudiants et étudiantes de la ville.

Fruits et légumes de saison, viande, riz, pâtes et produits d’hygiène. Ce samedi 26 novembre, les bénévoles de Cop1 installent pour la deuxième fois, au tiers-lieu de Coco Velten, dans le 1er arrondissement de Marseille, les denrées dédiées aux étudiants en précarité. “En tant qu’étudiants, nous voulions répondre à la détresse de nos pairs en apportant une aide ciblée, pour les jeunes et par les jeunes.”, atteste JR, le directeur général de l’association. 

Au bout de quelques heures seulement, 220 étudiants ont défilé entre les étales de nourriture et sont repartis avec pas moins de quinze kilos de nourriture. Les bénévoles de Cop1, tous étudiants, étaient impressionnés par l’affluence. Le directeur général JR revient sur cette première journée : “On ne s’attendait pas à recevoir autant de monde pour une première distribution. Heureusement que les provisions étaient importantes, chacun et chacune d’entre eux ont pu repartir avec deux cabas remplis, de quoi tenir une à deux semaines.” 

“Je n’ai que 10 euros par semaine pour me nourrir” 

“Tenir”, c’est la raison pour laquelle Moumene, Kamala, Célia et Amine se sont rendus à la première distribution de Cop1. S’ils ont chacun un profil différent, les quatre étudiants affirment tous devoir se rendre aux prochaines distributions. En effet, ils n’ont pas le choix. Après avoir payé leurs charges mensuelles liées au loyer et aux transports, tous avouent avoir des difficultés à se nourrir correctement. Célia est étudiante en deuxième année de licence d’économie : “Les bourses que je perçois ne sont pas suffisantes pour pouvoir manger. Après le loyer, l’abonnement au métro et les assurances, il ne me reste que dix euros par semaine. Alors je ne mange pas suffisamment et j’ai tout le temps faim. J’aimerais revenir à deux repas par jour.”, confesse-t-elle. 

Cette précarité, les bénévoles de Cop1 en sont conscients : “Depuis la distribution qui a eu lieu il y a quelques jours, nous avons reçu de nombreux messages pour nous remercier, mais surtout des appels à l’aide pour que l’on continue.”, explique JR. Dans deux semaines, ces bénévoles espèrent pouvoir proposer une distribution chaque semaine, puis deux d’ici le mois prochain. 

Une aide au cas par cas

Amine est étudiant étranger en dernière année de licence de commerce international. Il explique n’avoir aucune source de revenus : “J’attends d’avoir un titre de séjour, mais comme cela prend du temps, je ne peux pas travailler et donc je ne gagne pas d’argent. Pour l’instant, je vis sur mes économies. Mais malgré cet argent je ne mange pas toujours à ma faim.” Kamala doit elle aussi compter sur ses économies : “Cette année j’ai dû contracter un prêt étudiant car, en intégrant une école privée de théâtre, j’ai perdu toutes mes bourses. J’étais échelon 7 [l’échelon le plus élevé du Crous, NDLR] et maintenant mes seuls revenus sont les 200 euros de l’APL. » Grâce aux distributions alimentaires de Cop1, Kamala et Amine espèrent pouvoir mieux se nourrir à l’avenir sans devoir toucher à leur budget déjà limité. 

Si la majorité des bénéficiaires sont des étudiants, Cop1 a pris la décision de ne pas conditionner l’aide alimentaire au fait d’être étudiant : “La moyenne d’âge de nos bénéficiaires est de 22-23 ans, mais il nous arrive de venir en aide à des jeunes travailleurs de 27 ans. On adapte nos actions pour chaque personne en difficulté”, explique JR. 

Apporter une aide qualitative fait aussi partie des objectifs de l’association. Grâce aux denrées achetées à la Banque alimentaire des Bouches du Rhône, les bénévoles peuvent proposer de la nourriture d’origine européenne, notamment pour le poisson et la viande. “Contrairement à ce qu’on peut penser, il n’y a pas de lien entre précarité et malbouffe. Nous voulons proposer des fruits et légumes de saison aux bénéficiaires.” Célia a ainsi recommencé à manger des légumes grâce aux denrées proposées par Cop1. 

Être là où il n’y a pas de réponse 

Après Paris et Angers, Marseille a été une évidence pour les bénévoles de Cop1. “Nous visons des villes où il n’y a pas encore de réponse de la part des collectivités ou des associations”, explique JR. La Ville de Marseille offre un repas par semaine aux étudiants dans les restaurants universitaires mais, pour Cop1, ce n’est pas suffisant. “Si on voulait vraiment aider tout le monde, il faudrait qu’on y soit tous les jours.”, confie-t-il. Après un premier mois, les bénévoles de Cop1 ont mis en place des dons toutes les deux semaines. D’ici janvier 2023, ils espèrent pouvoir aider un maximum d’étudiants à raison de deux distributions par semaine.

Auteur·trice
Mathilde Duranton

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