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Sages-femmes : une pétition contre la « maltraitance institutionnalisée » lors de l’accouchement

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Capture d'écran de la pétition "Une femme = une sage-femme", 4/12/2020

Capture d'écran de la pétition "Une femme = une sage-femme", 4/12/2020

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Le 11 novembre 2020, la sage-femme Anna Roy alerte sur les conditions de naissance à l’hôpital. Au même moment, la pétition « Une femme = une sage femme » est lancée.

La pétition « Une femme = une sage-femme » a recueilli plus de 59000 signatures en trois semaines. Adressée début novembre à Emmanuel Macron et au ministre de la Santé Olivier Véran, cette pétition demande des moyens pour « restaurer l’humanité en salle de naissance ».

Sages-femmes surmenées, maltraitantes malgré elles

Avec le hashtag « #jesuismaltraitante », la sage-femme Anna Roy dénonce les conditions d’exercice de son métier à l’hôpital. Dans une vidéo vue plus de 522000 fois sur Instagram, elle raconte une nuit de garde durant laquelle elle s’est montrée maltraitante avec ses patientes. « En France, en 2020, une sage-femme s’occupe actuellement en moyenne de 3 patientes par garde (et souvent plus), » peut-on lire dans la pétition. C’est le cas d’Anna Roy cette nuit-là. Pour sauver la vie d’un petit garçon à naître, en urgence absolue, elle est contrainte de négliger ses autres patientes. Pour que cela n’arrive plus, Anna Roy « rêve d’un Grenelle de la naissance ».

« A l’hôpital, les sages-femmes sont épuisées, » relate Léa*, psychologue stagiaire dans un service de gynécologie obstétrique et maternité à Paris, signataire de la pétition. En discutant avec des collègues, elle a entendu parler de cas où les sages-femmes ont eu recours « aux forceps ou à une épisiotomie, alors que cela aurait parfois pu être évité si elles avaient eu plus de temps ».

Des maltraitances qui laissent des traces

Louise*, sage-femme récemment diplômée, exerce en région lyonnaise. La maltraitance dont parle Anna Roy, elle la connaît. Au cours de ses études et lors de ses gardes à l’hôpital, Louise a travaillé sous pression à cause du manque de moyens : « Je n’arrive même plus à me rappeler d’une situation de maltraitance en particulier tellement c’était omniprésent : j’avais la boule au ventre en permanence. »

Désormais remplaçante en libéral, Louise rencontre au quotidien des femmes qui gardent le traumatisme de maltraitances vécues lors d’accouchements précédents. Sous le post Instagram d’Anna Roy, on peut lire pléthores de témoignages de mères qui ont subi de tels actes, ainsi que de nombreux soignants qui refusent de continuer d’exercer dans ces conditions. Louise a signé la pétition sans hésiter, et espère que cette prise de conscience amènera un changement. « J’ai l’impression qu’on a retissé le pont entre soignants et soignées. »

*prénoms modifiés

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