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Coronavirus : Les aéroports peinent à déployer les tests antigéniques

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Dans les aéroports de Paris, les tests antigéniques seront déployés dans quelques jours. Thomas SAMSON / AFP

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ÉPIDÉMIE L’aéroport de Marseille-Provence est le premier aéroport de France à proposer à ses passagers des tests antigéniques permettant de détecter la Covid-19 en quelques minutes. Les autres aéroports de France devraient suivre.

  • Ce lundi 26 octobre, le déploiement officiel des tests antigéniques devait être lancé dans les aéroports français. À ce jour, ils ont été mis en place uniquement à l’aéroport de Marseille.
  • Les tests antigéniques sont dédiés aux passagers de l’aéroport, avant de prendre leur vol ou à leur débarquement. Ils sont remboursés intégralement par l’Assurance maladie.
  • Pour les voyageurs en provenance des pays classés en zone rouge, le test antigénique ne remplace pas le test PCR obligatoire.

«Nous mettrons en place les tests antigéniques dans les aéroports d’ici la fin du mois au départ de France vers des pays comme les États-Unis ou l’Italie, et à l’arrivée depuis les pays en zone rouge» a annoncé il y a dix jours Jean-Baptiste Djebbari, ministre délégué aux Transports. L’arrêté autorisant ces tests a été publié au Journal Officiel le 17 octobre dernier. Dans la foulée, Augustin de Romanet, président-directeur général des Aéroports de Paris a annoncé sur Twitter la mise en place de ces tests au départ des aéroports dès le 26 octobre 2020. Leur atout ? Les résultats sont connus sous 15 à 30 minutes, contrairement aux tests PCR, pour lesquels il faut parfois attendre plusieurs jours. Leur coût est également moins élevé.

Depuis, les aéroports s’organisent. Un centre de dépistage a été mis en place à Marseille, dès le 22 octobre, à titre expérimental. Les tests devaient être déployés partout en France ce lundi. Mais, en réalité, le dispositif peine à se mettre en place. A Nice, « pour le moment, il n’y a toujours pas de tests antigéniques », lâche Aymeric Staub, en charge de la communication. Il semblerait que les discussions ne soient toujours pas terminées en début d’après-midi.

Les aéroports Charles de Gaulle et Orly sont censés suivre le mouvement. Mais jeudi dernier, la direction du groupe Aéroports de Paris était encore en discussion avec les représentants de l’Agence régionale de santé. À noter que l’aéroport Paris-Charles de Gaulle et Nice Côte d’Azur disposent déjà d’un centre de dépistage où sont réalisés des tests PCR.

Qui peut se faire tester?

Les tests antigéniques sont exclusivement dédiés aux passagers de l’aéroport, avant de prendre leur vol ou à leur débarquement. Ces derniers, s’ils souhaitent se faire dépister, devront présenter un justificatif de réservation ou une carte d’embarquement avant d’être pris en charge par les équipes médicales. Les tests antigéniques sont intégralement remboursés par l’Assurance maladie, pour tous les patients, sans condition et où que le test soit réalisé.

Ce test rapide antigénique est réalisé sur les personnes asymptomatiques, hors personnes identifiées comme contacts ou personnes détectées au sein d’un cluster. «Si un passager venait à être diagnostiqué comme porteur de la COVID-19, Aéroport Marseille Provence interviendrait, en collaboration avec les compagnies aériennes et l’ARS Paca, dans le processus d’identification des cas contacts», assure AMP, la société gestionnaire de l’aéroport.

Rassurer les voyageurs et voir le trafic aérien redécoller

La réalisation de tests antigéniques à l’échelle nationale, européenne, voire mondiale, va-t-elle favoriser la reprise du trafic aérien? En tout cas, un tel dispositif traduit une volonté de rassurer les passagers et l’espoir de restaurer leur confiance face à un trafic aérien fortement affaibli par la pandémie. Sur l’année 2020, l’aéroport de Nice devrait seulement enregistrer le tiers de son activité de 2019, soit 5 millions de passagers contre 14,8 millions l’an dernier. « La plus grande erreur serait d’attendre que l’épidémie cesse pour que le trafic aérien reprenne », affirme au Monde Thomas Juin, président de l’Union des aéroports français (UAF).

«Les deux véritables enjeux sont de faire en sorte que les voyageurs profitent d’infrastructures garantissant une sécurité sanitaire et éviter les files d’attente aux laboratoires. Les tests PCR constituent un certain frein pour la mobilité des voyageurs. Il est nécessaire aussi de s’engager vers une harmonisation européenne, que ce test soit reconnu, valable et fiable afin d’établir une stabilité sanitaire», explique Aymeric Staub, de l’aéroport de Nice.

En Italie, les tests antigéniques sont déjà pratiqués à grande échelle depuis cet été dans six aéroports. Seuls les aéroports de Francfort et Londres-Heathrow proposent des tests antigéniques. Pour les voyageurs revenant de l’un des pays où la pandémie est la plus active, un test antigénique vient compléter et non remplacer un test PCR, obligatoire et existant depuis le 1er août.

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